Editions Les Cygnes

Les Cygnes est une association loi 1901, créée en novembre 2000, dans le but de faire découvrir des auteurs dans des domaines difficiles tels que la poésie, le théâtre, le conte, l'essai ou un premier roman.

Depuis sa création, de nombreux textes ont été édités, dans des tirages limités, particulièrement en théâtre, ce qui permet aux auteurs de garder une trace écrite de leur spectacle et de le diffuser plus aisément.

Distributeur : SPE Comptoir du livre

171 rue de la convention - 75015 Paris. tel : 0145676303

fax : 0145676304. comptoir.spe@gmail.com

et autres librairies :

Librairie du rond point - 2 bis av. franklin roosevelt – Paris 8eLibrairie théâtrale – 3 rue de Marivaux – 75002 Paris – Librairie Le Comptoir des mots - 239 rue des pyrénées - 75020 Paris - Librairie Le merle moqueur - 51rue de Bagnolet - 75020 Paris -  ou à SPE comptoir du livre – 171 rue de la convention - 75015 Paris- 0145676303 comtpoir.spe@gmail.com. Librairie Delamain - 155 rue st Honoré - 75001 Paris. Librairie l'écume des pages - 174 bd Saint Germain - 75006 Paris. Librairie Les lettres du temps - 19 rue Campo Formio - 75013 Paris. Le coupe Papier - 19 rue de l'odéon - 75006 Paris.

 

 



Le 2012-05-31 à 11:42:22
Enfin tu es revenue au pays

Tandis que la ville se perd dans un horizon qui lui devient peu à peu étranger, les mâchoires serrées, les yeux levés vers un ciel muet, [un vieil homme] tapote machinalement son chapeau pour le débarrasser d’une éventuelle poussière et le remet sur sa tête après l’avoir soigneusement pincé à l’endroit idoine pour lui redonner la forme appropriée qui aurait pu être dérangée par des doigts chevrotant d’émotion. L’au revoir à personne. L’au revoir sans espoir de retour.»
…Où chercher comment guérir de l’Algérie  sinon en Algérie ? Je suis retournée « là-bas ». Un bateau pour partir, un bateau pour revenir. Je ne le regrette pas, le regret n’est que larme sur ce qu’elle est devenue. Hors la nostalgie, le propos est de rendre justice à ceux que Camus appelait « le petit peuple pied-noir », victimes de la colonisation qui leur est reprochée par le fait d’être nés là (est-on responsable d’être né là ?) ; aux ouvriers ou petits cultivateurs qui trimaient à côté de leur unique journalier en suant (selon l’expression passée dans le langage trop courant) avec ou à côté du burnous ; et qu’on a dé-patriés. C’est lourd à porter toute une vie à bout de bras, une valise dans chaque main. Moins lourd qu’un cercueil. Certains ont pu au moins choisir cela. Entre valise et cercueil cependant, il y a une chose que nul ne saurait nous prendre, lourde, qui trimbale ce que nous avons laissé derrière nous : la mémoire. L’Algérie ça tient au corps, ça ne vous lâche pas. Ces oubliés de l’Histoire furent méprisés par les politiciens français qui ne savaient qu’en faire (les mêmes qui un siècle plus tôt avaient envoyé « là-bas » leurs ancêtres dont ils ne savaient que faire non plus). « Si un rapatrié ne veut pas aller à Concarneau, disait Georges Pompidou… on peut l’y obliger… C’est au secrétariat d’Etat aux déportés d’y veiller… lapsus révélateur. » « Ce sont des vacanciers, disait Robert Boulin ».
Mais moi désormais, comment me situer quand j’appartiens encore à cette terre qui ne m’appartient pas ? Quand… les préaux de nos écoles résonnent d’autres cris.



 
 
15/05/2012
- Evelyne Sellés-Fischer -
 
22/03/2012
- Claude Broussouloux -
 
20/03/2012
- John Osborne -